Le 24 avril 1990-24 avril 2020, trois décennies se sont écoulées depuis que le feu Président du Zaïre, Joseph Désiré Mobutu Sese Seko proclamait le multipartisme au Zaïre avec émotion et versant quelques gouttelettes de larme en brisant ainsi le mythe du parti État pour amorcer l’instauration de la démocratie.
C’est un moment qui avait captivé l’attention de tout un peuple qui en avait “ral bol” du monopartisme avec le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) considéré comme le parti unique. Alors qu’il était devant la représentation nationale à la N’sele, le grand Mobutu Sese Seko dit “Roi du Zaïre”, a lâché cette phrase qui traverse les générations : « comprenez mon émotion ». Cette phrase se fait suivre de quelques gouttelettes de larme, comme qui dirait c’était la fin d’une épopée ayant durée une vingtaine d’années.
En effet, le multipartisme proclamé par le président Mobutu était l’aboutissement d’une longue lutte du processus de démocratisation du Zaïre.
Le vent de démocratisation soufflant assez fort dans le monde après la fin de la guerre froide ne pouvait épargner les pays africains, l’ex-Zaïre en particulier.
Face à la pression, Mobutu avait finalement cédé
Vers la fin des années 1980, plusieurs mouvements ont vu les jours notamment avec la création d’un premier parti de l’opposition, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) après la manifeste de la N’sele. Sur le plan international, plusieurs voix s’étaient élevées pour propulser le mouvement de la démocratie au Zaïre.
C’est finalement sous la pression tant extérieure qu’intérieure que le régime de Mobutu, a lâché du lest et a donné des gages, dont le premier est le multipartisme. Mais les massacres et les grèves ayant accompagné l’ouverture décrétée au Zaïre avaient que démontré que la crédibilité du le multipartisme devrait être tributaire de la mise en place d’un parti contre-pouvoirs.
Mobutu emporté après une transition de 7 ans
Après l’annonce du multipartisme, le président Mobutu avait annoncé une transition d’une année avant l’organisation des élections. Triste était de constater qu’au lieu d’une année, le “marichal” a conservé le pouvoir pendant plus d’un quinquennat, soit 7 ans. En cette période, il y avait la mise en place d’un gouvernement d’union nationale dont le Premier Ministre provenait de l’opposition.
Malgré cela, le pays a eu du mal à se lancer véritablement dans la vie démocratique. C’est finalement en 1997 que Mobutu a été déchu de ses fonctions du Chef de l’État après la révolution de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération (AFDL) dirigé par celui, qui succédera à Mobutu quelques mois plus tard, Laurent Désiré Kabila.
La vie démocratique en Rd-Congo a connu une forte évolution bien qu’elle n’a pas encore atteint l’âge de la maturité. Il sied de signaler que la démocratie en Rd-Congo reste marquer par l’organisation des élections démocratiques à trois reprises. Et, le dernier processus électoral a abouti à la toute première alternance pacifique et civilisée au sommet de l’État.
Tshebocosta





